Juste là, sur le coeur. La pointe acérée s'enfonce peu à peu mais on regarde la photo encore une seconde. La seconde de trop, car elle reste imprimée dans notre mémoire. Traîtresse image qui nous renvoie à notre humanité. Elle fait tomber le masque je suis humaine et je souffre, je la déteste, je lui trouve tous les défauts de la terre. Ce n'est pourtant qu'une image...
Mais elle nous renvoie encore à qui l'on n'est pas, et ce que l'on n'aura pas en conséquences.
Mots et conséquences. Une de mes petites phrases favorites.
Et là oui, cette photo est la conséquence de mes mots. La réalité vient de se matérialiser sous ses traits.
Et je hais la réalité, je ne peux retenir les sentiments qui la suivent. Colère, peine, angoisse de l'abandon, de la solitude.
Je voudrais tant...
Combien de fois ai-je prononcé cette phrase ? Et le résultat en est le même. On ne peut se fuir soi, ni qui on est. Mais parfois j'en ai envie. Tout abandonner, une autre vie. Mais la seule chose importante que je ne peux pas changer est la seule que je veux fuir.
Je suis moi, et là est mon malheur.


